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dimanche 01 avril 2018 Il y a: 137 jours
Categorie: Dossier de presse

Souvenirs de Raid Amazones au Cambodge

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Les Alsaciennes ont choisi de courir ensemble, toujours ensemble.

Article Dna

« Prêtes à repartir »

Les trois “Alsaciennes” ont terminé à une dixième place qui les a ravies, et surprises. Elles se connaissaient peu, elles sont presque devenues inséparables. Impressions.

Muriel Braun, Éliette Heinrich et Delphine Simler sont rentrées de leur Raid Amazones au Cambodge. Souvenirs.

UNE ÉPREUVE SPORTIVE

– Comment êtes-vous revenues de cette épreuve sportive ?

– Delphine Simler  : Comblées. Ce n’est pas insurmontable, cela reste faisable. Il n’y a pas de temps minimum, celle qui veut marcher le fait. Tout le monde y est arrivé.

– Qu’elles ont été les grosses difficultés à affronter ?

– Éliette Heinrich  : La chaleur ! On le savait, on n’a pas été déçu. Sur chaque épreuve, il y en a une qui a bien galéré, a bien donné. Il faut être entraîné a minima. Certaines autres filles sont arrivées sans aucun entraînement, se sont inscrites un mois avant. C’est sûr qu’elles ont mis des heures à terminer. On ne les voyait plus arriver. Les pauvres…

« On ne s’arrête pas, c’est trop bête de s’arrêter »

– Delphine Simler  : J’ai eu mon premier coup de chaud, je sais ce que c’est, maintenant (sourire). Plein de filles se sont arrêtées sur le côté, ont fait des malaises. On n’en était pas là. Après, on ne s’arrête pas, c’est trop bête de s’arrêter. Alors on s’accroche. Sinon, quand cela ne va plus, tu lèves les yeux et cela te motive.

– Vous êtes-vous prises au jeu du classement ?

– Delphine Simler  : Si on a eu un bon classement, c’est qu’on a su s’aider. C’est le but quand tu pars en équipe. Des filles étaient meilleures que nous, mais elles n’avaient pas cet esprit. Certaines s’engueulaient.

– Éliette Heinrich  : On ne venait pas pour le classement, puis quand on a vu qu’on était bien classée, on a fini par se prendre au jeu. Nous étions trop fières. On nous suivait, on n’avait pas le droit de craquer, de décevoir.

– Muriel Braun  : Au fil des jours, cela allait de mieux en mieux, il n’y avait plus de douleur. C’est assez incroyable. Après trois jours, il n’y avait plus rien. On craignait la dernière épreuve, à pied, c’est celle qui est la mieux passée. C’était presque facile. Beaucoup de sportifs nous le disaient : jour après jour on a moins mal.

SOUVENIRS D’UN PAYS

– Que retenez-vous de ce coin du Cambodge que vous avez vu ?

– Delphine Simler  : Les gens là-bas sont adorables, accueillants, ils sourient tout le temps. Ils nous ont reçus chez eux tout naturellement. Avec eux, ce que je retiens, c’est que l’argent ne fait pas le bonheur. Ils ont tous le sourire. On a besoin de quelque chose, il y a toujours quelqu’un pour aider sans rien demander de retour.

– Muriel Braun  : Quand tu donnes, ils disent merci avant de prendre. Quand on commence à discuter, ils veulent toujours nous montrer ce qu’ils font. Ils sont heureux.

– Delphine Simler  : La vie semble simple pour eux. Quand on les voit, avec notre regard, on se dit qu’ils n’ont pas de chance, ces enfants, d’aller aux champs pendant la journée. Alors qu’ils ne vont à l’école que deux jours par semaine. Mais quand on parle avec eux, qu’on les regarde, on a le sentiment qu’ils sont au contraire très chanceux d’être avec les parents quand ils sont au travail.

– Avez-vous fait du tourisme culinaire ?

– Delphine Simler  : Manger sur les marchés, on a évité. Il n’y a pas de frigo, la viande se vend avec des mouches dessus, les poissons sentent de loin. C’est particulier. Cela ne donne pas envie. On a attendu la fin des épreuves…

ENRICHISSEMENT HUMAIN

– Vous vous connaissiez peu. Comment avez-vous géré vos étapes ?

– Delphine Simler  : Chacune a su s’adapter à l’autre, a pu partager ses forces. Sur chaque épreuve, on a tout mis en commun, rien gardé pour soi. Quand l’une est fatiguée, c’est à l’autre de relativiser. Cela ne dure jamais, cela passe toujours, c’est la magie du sport.

– Muriel Braun  : On découvre que tout est dans la tête. Dans le sport, il y a les pieds, le physique, mais si le mental ne suit pas, il n’y a plus rien. Quand nous étions fatiguées, on jurait en alsacien. Personne ne comprenait (rire).

« L’argent récolté, c’est pour le redonner à l’association, pas pour en profiter. Cela ne se fait pas »

– Courir au Cambodge aide à oublier la fatigue ?

– Éliette Heinrich  : Tout le long du parcours, les gens rigolaient, cela les faisait trop rire. Cela nous encourageait. On nous faisait coucou, c’était trop chouette. Les enfants nous attendaient, notre venue était l’attraction.

– Vous avez appris à vous connaître à travers l’effort physique ?

– Éliette Heinrich  : Cela nous a rapprochées. Même nos conjoints, qui ne se connaissaient pas, partent faire du canoë ensemble, ont fait des soirées ensemble, avec les enfants. On va continuer à faire du sport ensemble.

– Courir pour une association, ici Vaincre la mucoviscidose, a fait partie de vos motivations ?

– Muriel Braun  : S’il n’y avait pas eu de cause, on ne serait pas partie. On n’y est pas allée pour du sport, on n’a pas fait de porte à porte pour se faire payer un voyage. L’argent récolté, c’est pour le redonner à l’association, pas pour en profiter. Cela ne se fait pas.

– Éliette Heinrich  : Ce qui nous lie, ce sont les gens qui nous ont suivies, ceux pour qui on a couru.

– Êtes-vous prêtes à repartir ?

– Delphine Simler  : Oui, pourquoi pas. Mais pas l’an prochain, il faut laisser souffler nos maris. Et puis, la préparation est longue. Si on refait quelque chose, cela peut être ici, en Alsace. On le fera toutes les trois, ensemble, pas chacune pour soi.

« Prêtes à repartir »

Les trois “Alsaciennes” ont terminé à une dixième place qui les a ravies, et surprises. Elles se connaissaient peu, elles sont presque devenues inséparables. Impressions.

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